Bakhita de Véronique Olmi

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Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.

Avant de participer au Goncourt des lycéens avec mes élèves et de découvrir ce roman dans la sélection, je ne connaissais pas le personnage de Bakhita. Pourtant, cette ancienne esclave devenue religieuse est une figure emblématique au Darfour et en Italie au point d’être canonisée dans les années 2000 par le pape Jean-Paul II. Une grande dame en somme.

Véronique Olmi signe ici une biographie bouleversante. J’ai aimé son style incisif qui joue tantôt avec les répétitions tantôt avec les phrases courtes. Le tout est percutant. j’ai découvert avec tendresse cette petite fille attachée à sa tribu, à sa mère, puis, j’ai souffert avec elle de son arrachement. Quand Bakhita perd ses racines, c’est aux comptines qu’on lui chantait qu’elle se raccroche, jusqu’à ce qu’elle oublie sa langue. Qui est-elle ? Comment se construire quand on ne sait plus d’où on vient ?

A vrai dire, Bakhita ne cherche même plus à se construire mais grandit avec l’idée qu’elle est une esclave, et qu’une esclave n’existe qu’au travers de son maître. Révoltant. Sur sa route elle rencontrera l’horreur, l’inhumain dans toute sa splendeur mais aussi la bonté et l’espoir. Bakhita connait tout du monde, ses cicatrices et sa douceur en témoignent.

Malgré quelques petites longueurs au milieu de l’histoire, puisque nous observons les jours passer aux côtés de la jeune fille, devenue jeune femme, il n’en reste pas moins un roman qui prend aux tripes.

« Ce qu’elle croit, c’est qu’il faut aimer au-delà de ses forces,
et elle ne craint pas les séparations, elle a quitté tant de personnes,
elle est remplie d’absences et de solitudes. « 

 

 

 

 

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4 réflexions sur “Bakhita de Véronique Olmi

  1. Ce roman a l’air bouleversant. Je note la référence, tu m’as donné l’envie d’en savoir plus !
    Quel plaisir de retrouver tes mots sur cette plateforme ma Ju 🙂 Le petit bonheur de cette matinée, accompagné d’un des premiers rayons de soleil ! (On y croit, on y croit au beau temps !)

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  2. Très beau roman en effet…
    avec des passages, surtout au début, difficile a supporter
    beaucoup de rythme…..des phrases courtes, des petits chapitres…
    on ne s’ennuie pas…on vit vraiment avec le personnage

    J'aime

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